Les trois opérateurs sont sur le point de conclure un accord pour équiper l’ensemble des trains CFF d’antennes permettant d’éliminer presque totalement les coupures de réseau. La Suisse fait figure de pionnière. Mais les voyageurs devront prendre leur mal en patience jusqu’en 2015.
C’est une scène qu’on observe souvent sur les trajets à longue distance: les passagers qui surfent sur leur ordinateur portable commencent par tapoter sur la table devant eux, avant de jurer en silence. Ceux qui trafiquaient leur iPhone se mettent à le secouer frénétiquement. Enfin, presque en même temps, ceux qui chuchotaient poliment au téléphone lancent d’insupportables «Allô? Tu m’entends?» dans leur mobile.
Le plus désespérant, c’est que la situation semble empirer d’année en année, en particulier sur les lignes très fréquentées comme entre Lausanne et Genève. La faute à l’augmentation du nombre de voyageurs, couplée à la baisse des prix sur les communications et à l’explosion du trafic de données mobile. Les smartphones sont de véritables ogres en bande passante. Mais il est enfin permis d’espérer.
Les trois opérateurs Swisscom, Orange et Sunrise négocient en ce moment un accord pour équiper en partenariat l’ensemble des 1200 voitures des CFF avec des antennes capables de retransmettre le signal UMTS/HSPA à l’intérieur des wagons. But de l’opération: briser en quelque sorte la carapace qui empêche les ondes 3G de passer dans les trains. Il faut savoir que, pour améliorer l’isolation thermique, leurs vitres comportent un film métallique microscopique.
Seulement voilà: en plus de filtrer les rayons du soleil pour éviter que les wagons voyageurs ne surchauffent, cette couche de protection empêche aussi les ondes radio de passer. En particulier celles des téléphones mobiles. Même si cela ne se voit pas sur les barres du téléphone indiquant le niveau de réception, le signal est atténué d’un facteur 1000 à l’intérieur du train. A titre de comparaison, le réseau dans une voiture n’est réduit que de dix fois par rapport à l’extérieur. En clair: les trains sont le cauchemar des ingénieurs.
Depuis ce printemps, les opérateurs réunis dans le consortium InTrainCom négocient âprement, notamment, la répartition des frais d’installation des antennes. Il faut dire que le coût total pourrait dépasser les 50 millions de francs. Christian Neuhaus, porte-parole de Swisscom, indique toutefois qu’un accord devrait être finalisé avant la fin de l’année.
Et il est déjà décidé que des systèmes pilotes seront installés durant l’automne. L’équipement des 1017 voitures circulant actuellement sur les grandes lignes démarrera au printemps prochain et s’étalera jusqu’en 2015. Il faudra donc patienter encore quatre ans avant de pouvoir profiter de cette avancée technologique sur l’ensemble des trains.
Impossible de faire plus vite
Selon les CFF, il est impossible de procéder à ces travaux relativement lourds en dehors des opérations de maintenance habituelles. Cela immobiliserait trop de trains et ils seraient contraints de ressortir de vieilles compositions des dépôts. Les 200 voitures InterCity à deux étages commandés à Bombardier et livrées dès 2012 seront équipées d’origine.
L’antenne 3G qui sera installée sur le toit de chaque voiture sera reliée à une sorte de boîtier d’amplification (répéteur), lui-même branché à un câblage spécial installé dans le plafond ou les parois. Ce dernier répartit le signal de la façon la plus homogène possible à l’intérieur du wagon.
Durant les années 2000, l’ensemble de la flotte InterCity avait déjà été équipé de répéteurs GSM, ou 2G comme deuxième génération. Cela ne suffit toutefois plus à répondre à la demande. Lorsqu’une annonce de retard est signalée, les passagers se mettent subitement à téléphoner en même temps et les lignes saturent. Et ceux qui téléphonaient en 3G et dont le mobile cherche à passer en 2G en raison d’un trou dans le réseau voient leur communication coupée.
Le bureau dans le train
Grâce au remplacement des anciennes antennes, tout ceci ne devrait plus être qu’un mauvais souvenir. Au lieu d’un maximum possible de 30 à 40 communications vocales par opérateur, on pourra profiter d’une centaine de canaux par opérateur, soit 300 au total. Cela veut dire que plus du tiers des 600 à 800 passagers d’un train bondé pourront téléphoner en même temps. C’est largement de quoi répondre à la demande.
En plus, tout sera prêt pour la future norme 4G, qui promet des débits comparables aux câbles de cuivre actuellement utilisés dans les maisons. Car l’objectif des opérateurs est clair: le train devenant de plus en plus une sorte d’extension du lieu de travail, ils veulent offrir du haut débit tout le long du trajet.
«Pour le transfert de données, la qualité du réseau est encore plus déterminante», estime Carsten Schloter, CEO de Swisscom. Si on téléphone entre Zurich et Genève, explique-t-il, la durée moyenne de l’appel est de deux minutes et la probabilité statistique de subir une coupure durant cet appel reste relativement réduite. Le temps de connexion avec l’ordinateur, lui, est beaucoup plus long. Ce qui augmente d’autant le risque de coupure. «Si votre connexion VPN avec le bureau tombe sans cesse, conclut Carsten Schloter, c’est nettement plus dérangeant.»
Investissements énormes le long des voies
Voilà pourquoi, parallèlement à l’équipement des trains qu’ils sont obligés de réaliser conjointement à la demande des CFF, les opérateurs se battent pour placer leurs antennes le long des grandes lignes de trains. Swisscom, qui dispose de loin du plus grand nombre de bornes, essaie de placer une antenne 3G tous les kilomètres, parfois plus, si le tracé est sinueux. Mais ces investissements très lourds – 100 millions de francs sur quatre ans – prennent du temps, notamment en raison de la durée nécessaire à l’obtention des permis de construire.
Christian Neuhaus, porte-parole de Swisscom, annonce toutefois une «amélioration conséquente du tronçon Genève-Lausanne d’ici fin 2011». Quant aux travaux pour UMTS/HSPA sur les tronçons Lausanne-Fribourg-Berne et Lausanne-Yverdon-Bienne-Olten, ils ont été mandatés en 2010 indique-t-il: «Une amélioration du service sera remarquée par nos clients fin 2011, début 2012 et la finalisation complète est prévisible pour environ 2013.»
Il ne reste plus qu’à prendre son mal en patience.
Les 2G, 3G, 4G pour les nuls
2G ou GSM/EDGE: C’est la téléphonie mobile de 2e génération, avec un débit maximal de 0,2 Mb/s (mégabit par seconde), une technologie surtout conçue pour les communications vocales.
3G ou UMTS/HSPA: La téléphonie mobile de 3e génération a été introduite en Suisse en 2004. Les débits, d’abord de 3,6 Mb/s, atteignent aujourd’hui 14,4 Mb/s. La plupart des nouveaux téléphones en sont équipés.
4G ou LTE («long term evolution»): Ne sera introduite que dans trois ans. Les débits iront jusqu’à 160 Mb/s, ce qui est plus que les meilleures connexions par fil de cuivre dans les maisons.

juillet 5th, 2011 at 12:59
Les nouveaux telephones 3g (smartphones) connecte à l'internet permet de telephoner moins cher en suisse grace des applications comme fring o nimbuzz