Les nouvelles infections au VIH ont diminué de près de 20% en dix ans dans le monde.
En cinq ans, le nombre de décès annuels liés au VIH a baissé de 300’000, selon le rapport sur l’évolution de l’épidémie publié mardi à Genève par ONUSIDA. Le nombre de nouvelles infections s’établit à 2,6 millions par an, contre 3,1 millions il y a dix ans. L’an dernier, 1,8 million de personnes sont décédées du sida, contre 2,1 millions en 2004, affirme le Programme commun des Nations unies sur le sida (ONUSIDA), en vue de la Journée mondiale contre le sida le 1er décembre.
«Nous pouvons affirmer avec confiance et conviction que nous avons réussi à interrompre la trajectoire de l’épidémie. Le nombre d’infections et de décès est en baisse», a déclaré à la presse le directeur d’ONUSIDA Michel Sidibé.
Environ 33,3 millions de personnes vivent avec le virus dans le monde, dont 22,5 millions en Afrique subsaharienne. Depuis le début de l’épidémie, plus de 60 millions de personnes ont été infectées par le VIH et près de 30 millions sont décédées de causes liées au virus.
Progrès fragiles
La baisse des infections et des décès s’explique par les efforts de prévention et de traitement, mais l’épidémie n’est pas terminée, a averti Michel Sidibé. «Nos investissements sont payants, mais beaucoup reste à faire. Les progrès sont fragiles et nous sommes préoccupés par le fait qu’en ces temps de crise, les ressources sont en baisse», a-t-il dit.
En 2009, 5,2 millions de personnes vivant dans des pays à revenu faible ou intermédiaire ont eu accès au traitement antirétroviral, contre 700’000 seulement en 2004. En outre, 700’000 personnes reçoivent un traitement antirétroviral dans les pays développés.
Malgré ces succès, dix millions de personnes ont besoin d’un traitement, mais n’y ont pas accès. Et il manque dix milliards de dollars pour la riposte au sida dans le monde, financée à hauteur de 15,9 milliards l’an dernier, toutes sources confondues.
En 2009, 370’000 enfants sont nés avec le VIH, portant à 2,5 millions le nombre d’enfants de moins de 15 ans séropositifs. Plus de 16 millions d’enfants jusqu’à 17 ans ont perdu leurs parents à cause du virus.
Plus lourd fardeau en Afrique
L’Afrique subsaharienne supporte une part démesurée du poids de l’épidémie mondiale, avec 22,5 millions de personnes vivant avec le VIH (68% de la charge mondiale). Le nombre de nouvelles infections a néanmoins baissé de 2,2 millions en 2001 à 1,8 million en 2009.
Près de 37% des malades ont bénéficié d’un traitement antirétroviral, contre 2% sept ans plus tôt. Grâce à l’élargissement de l’accès au traitement, entre 2004 et 2009, le nombre de décès liés au sida a baissé de 20%, soit 1,3 million de décès l’an dernier.
En Asie, l’épidémie s’est stabilisée. L’ONUSIDA estime à 4,9 millions le nombre de personnes vivant avec le VIH en 2009, chiffre qui n’a pas changé en cinq ans. Quelque 300’000 personnes sont mortes l’an dernier de maladies liées au sida, contre 250’000 en 2001.
La diminution des nouvelles infections est de l’ordre de 20% en huit ans: elle a passé de 450’000 en 2001 à 360’000 l’an dernier. Alors que les rapports hétérosexuels non protégés sont en cause en Afrique, en Asie l’épidémie frappe surtout les consommateurs de drogues injectables, les homosexuels et les professionnels du sexe.
Hausse en Europe orientale
Le recul de l’épidémie est battu en brèche en Europe orientale et en Asie centrale. Le nombre de personnes vivant avec le VIH y a presque triplé depuis 2000, soit 1,4 million contre 530’000.
Les décès ont été multipliés par quatre, passant de 18’000 en 2001 à 76’000. Quelque 130’000 nouvelles infections ont été constatées, dont près de 90% en Russie et Ukraine.
Une hausse est également constatée au Moyen-Orient, où les données sont rares. Quelque 460’000 personnes y vivent avec le VIH, contre 180’000 en 2001, avec 75’000 nouvelles infections contre 36’000 en 2001. Quelque 23’000 décès ont été confirmés.
L’épidémie a peu évolué en Amérique centrale et du sud, avec 92’000 nouelles infections en 2009 contre 99’000 en 2001, 1,4 million de personnes vivant avec le virus (dont le tiers au Brésil) et 58’000 décès. Il faut y ajouter 240’000 malades dans les Caraïbes avec 17’000 infections, un chiffre qui a peu varié, et des décès en baisse à 12’000 contre 19’000 en 2001.
(ats)

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