La planète finance tremble depuis que les Etats-Unis ont perdu leur AAA. Un homme a pourtant tenté d’empêcher ce séisme financier : John Bellows, découvreur de la gaffe à 2 100 milliards de dollars.

Alors que Standard&Poor’s avisait, vendredi dernier, le Trésor américain de son intention de rétrograder la note de risque financier des Etats-Unis de AAA à AA+, l’œil avisé de John Bellows, adjoint intérimaire à la politique économique du secrétaire au Trésor, n’a pas laissé passé l’erreur monumentale sur laquelle l’agence de notation américaine basait sa décision. Les arguments présentés dans le communiqué de presse de S&P qui allait être diffusé quelques heures plus tard se fondaient en effet sur de mauvaises projections, qui augmentaient la part de la dette publique dans le PIB américain à l’horizon 2021 de plus de 2 000 milliards de dollars par rapport aux prévisions officielles présentées par le bureau du budget du Congrès.

Alerté par John Bellows, le Secrétaire au Trésor, Tim Geithner, a immédiatement contacté Standard&Poor’s pour les prévenir et du même coup, essayer de les faire revenir sur leur décision. Mais rien n’y a fait, l’agence annonçait quelques heures plus tard qu’elle dégradait la note des Etats-Unis… en se basant sur d’autres arguments.

Ce retournement de situation a mis John Bellows hors de lui, selon des médias américains. Le lendemain, il s’en est ouvertement pris à Standard&Poor’s dans un message posté sur le blog officiel du Secrétariat au Trésor, soulignant la légèreté avec laquelle l’agence changeait ses arguments : « Après que le Trésor leur ait signalé cette erreur – une erreur de calcul basique mais aux conséquences significatives – Standard&Poor’s a choisi de continuer malgré son jugement biaisé en transformant simplement son principal argument pour justifier sa décision d’un argument économique en un argument politique ».

Sous la plume de John Bellows, Standard&Poor’s n’est pas loin de passer pour une girouette. Surtout que le haut fonctionnaire insiste dans son attaque : « L’ampleur de l’erreur – et la rapidité avec laquelle Standard&Poor’s a changé son argument principal pour maintenir son action malgré cette erreur – amène à se poser des questions fondamentales à propos de la crédibilité et de l’intégrité du travail de notation de Standard&Poor’s », martèle-t-il.

Si l’envie prenait aux autres grandes agences de notation de vouloir dégrader la note des Etats-Unis, les voici prévenues : au Trésor, le secrétaire adjoint intérimaire à la politique économique veille au grain.
(AFP)

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