L’ancien n° 2 de la police judiciaire lyonnaise, Michel Neyret, a été entendu pour la première fois mardi 20 décembre par deux juges parisiens en charge de l’affaire de corruption pour laquelle il a été mis en examen le 3 octobre.

Le commissaire, suspendu de ses fonctions et écroué à la prison de la Santé, à Paris, s’est expliqué pendant près de quatre heures sur ses relations avec plusieurs figures du grand banditisme et les avantages dont il en aurait bénéficié. Il est soupçonné d’avoir fourni des renseignements, notamment des fiches de police, à plusieurs malfaiteurs présumés.

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Les avocats de Michel Neyret, qui demandaient l’audition de leur client depuis plusieurs semaines, ont demandé la suspension de la séance au bout de quatre heures. Selon eux, les deux juges d’instruction leur ont présenté de nouveaux éléments, notamment des écoutes téléphoniques, dont ils n’avaient pas eu connaissance. Une nouvelle audition devrait être organisée courant janvier. Les avocats ont repoussé d’autant leur demande de remise en liberté.

Soulagé d’avoir pu s’expliquer

Selon Yves Sauveyre, l’un de ses deux avocats lyonnais, Michel Neyret « voulait être entendu, il l’a été longuement donc il est apaisé ». « Les choses se sont passées correctement avec le magistrat instructeur qui était ferme : on ne nous a pas offert le thé, c’est évident », a-t-il déclaré à la presse. « Mais Michel Neyret était satisfait d’avoir pu s’expliquer et soulagé ».

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Selon son conseil, Michel Neyret a continué à affirmer q’il n’avait pas bénéficié d’enrichissement personnel. « Qu’il y ait pu y avoir des imprudences, on s’explique là dessus, (mais) qu’il y ait eu ‘monnayage’, argent comptant espèces sonnantes et trébuchantes contre des services, jamais au grand jamais », a poursuivi Me Sauveyre.

À la lisière de la norme

Avant l’audition, les défenseurs du commissaire avaient mis en avant les résultats de Michel Neyret dans la lutte contre la délinquance pour justifier leur demande de mise en liberté. « Pour me permettre, moi policier, d’éradiquer le grand banditisme et la grande délinquance, je me devais, me dit Michel Neyret, d’être parfois à la lisière de ce que la norme m’autorisait », avait expliqué sur Europe 1 l’un de ses défenseurs, Me Gabriel Versini. « Grâce au commissaire Neyret, nombre de personnes ont été arrêtées, ont comparu devant les tribunaux et sont encore en train de purger des peines », avait-il ajouté.

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Selon les défenseurs de l’ex-policier, le juge Patrick Gachon a déjà entendu dans ce dossier deux hommes soupçonnés d’avoir corrompu Michel Neyret, Gilles Bénichou et Stéphane Alzraa, mis en examen et également écroués. Une commission rogatoire internationale a été envoyée à la justice suisse pour savoir si Michel Neyret avait pu y recevoir des fonds, ce qu’il réfute.

(Le Monde)

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