Le scientifique est soupçonné d’avoir envisagé des attentats en France pour le compte d’al-Qaida.

Le procès d’Adlène Hicheur, un physicien franco-algérien travaillant au Cern de Genève, s’est ouvert jeudi vers 13 h 45 devant le tribunal correctionnel de Paris.
En détention provisoire depuis deux ans et demi, Adlène Hicheur, 35 ans, est apparu visiblement fatigué, amaigri et très marqué par son incarcération. Le jeune chercheur de confession musulmane est soupçonné d’avoir envisagé des attentats contre la France, un procès qui prend une dimension particulière dans le contexte des massacres de Toulouse et de Montauban par le tueur au scooter Mohamed Merah. Entre journalistes et membres du comité de soutien au prévenu, la 14e chambre faisait salle comble jeudi après-midi.
Au cours des deux jours d’audience, le tribunal va examiner 35 messages électroniques recueillis par les enquêteurs et échangés entre Adlène Hicheur et un responsable supposé d’al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi), Mustapha Debchi. En début d’audience, la présidente Jacqueline Rebeyrotte a énuméré les nombreux diplômes du docteur en physique des particules, la plupart assortis de mentions « bien » ou « très bien ». Elle a également rappelé qu’il avait un temps « exercé ses activités de recherche en Angleterre et aux États-Unis ».
Abondante documentation sur al-Qaida
Dans la procédure, a-t-elle détaillé, « vous êtes présenté comme quelqu’un d’assez secret, réservé, un peu timide, qui inspire totalement confiance et qui ne posait aucune difficulté ». À l’issue de cette rapide présentation, la présidente a commencé à faire le résumé de l’enquête.
Le 8 octobre 2009, Adlène Hicheur, docteur en physique des particules détaché au Centre européen de recherche nucléaire (Cern) de Genève, a été interpellé à Vienne (Isère), au domicile de ses parents, et mis en examen pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste ».
À son domicile d’Ornex (Ain), les enquêteurs ont découvert une abondante documentation relative à al-Qaida et au djihad. Le coeur de l’accusation repose sur les messages échangés entre Hicheur et Debchi. Si la défense invoque des contenus ambigus, les juges d’instruction les ont, au contraire, trouvés suffisamment explicites pour renvoyer le chercheur en correctionnelle.
En effet, pour les magistrats instructeurs, les échanges électroniques « ont franchi le simple débat d’idées politiques ou religieux pour s’établir dans la sphère de la violence terroriste ». Adlène Hicheur affirme n’avoir jamais été d’accord pour envisager « des trucs concrets ». Il encourt 10 ans de prison.
(Le Point)

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