Des couacs informatiques avaient bloqué certaines transactions, la Bourse du high-tech ayant mal anticipé l’arrivée du réseau social.
L’introduction en Bourse de Facebook avait été marquée par la très mauvaise performance du titre, qui avait perdu 30 % de sa valeur en quelques jours. Mais ce n’était pas le seul problème. Le jour de l’arrivée en grande pompe du réseau social, le Nasdaq (l’indice des nouvelles technologies) avait subi des problèmes informatiques graves. Certaines transactions avaient été annulées, en raison d’un retard de deux millisecondes dans un calcul.
Le Nasdaq n’indemnisera pas les investisseurs qui ont simplement perdu de l’argent en misant sur Facebook, car c’est le jeu de la Bourse. Mais il souhaiterait indemniser les acteurs « qui ont été désavantagés par les problèmes techniques rencontrés lors de l’introduction en Bourse de Facebook le 18 mai », explique-t-il dans un communiqué. « Ces problèmes techniques ont été résolus », affirme l’organe new-yorkais. « Le conseil d’administration a approuvé un fonds volontaire de [dédommagement] d’environ 40 millions de dollars », poursuit le communiqué. Ces fonds seraient répartis sur une période d’environ six mois, en numéraire et sous forme de crédit sur les futures opérations.
Euronext craint d’être lésé
Ce fonds ne suffira probablement pas à calmer les esprits, certaines victimes ayant porté l’affaire devant les tribunaux. Le courtier Knight Capital a demandé, à lui tout seul, 35 millions de dollars de dédommagement et s’est déclaré « déçu que la compensation prévue par le Nasdaq ne s’approche même pas des pertes essuyées ». Le total des plaintes contre le Nasdaq s’élèverait à 100 millions de dollars, selon le Wall Street Journal.
Le principal concurrent du Nasdaq, NYSE Euronext, s’est immédiatement opposé à de telles manoeuvres. « Permettre au Nasdaq de fixer les prix [de ses transactions] et d’utiliser d’autres manoeuvres pour parer à une indemnisation juste des victimes des problèmes liés à l’introduction boursière de Facebook serait totalement contraire au principe d’une concurrence loyale et pèserait inutilement sur les plates-formes concurrentes », explique le groupe. « Une telle tactique pourrait inciter les clients à réorienter des ordres vers le Nasdaq pour bénéficier du dédommagement auquel ils ont droit, poursuit-elle, et permettre au Nasdaq de récolter les bénéfices de gains de parts de marché qu’ils n’auraient pas obtenus autrement. »
(LePoint.fr)


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